Jeune homme consultant des données sur son téléphone intelligent.
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Les jeunes investisseurs qui utilisent des applications gratuites de courtage telles que Robinhood aux États-Unis et Wealthsimple Trade au Canada pourraient bientôt en recevoir une leçon, rapporte The Globe and Mail.

Wealthsimple Trade et Robinhood sont des applications pour téléphones intelligents qui permettent d’effectuer des opérations boursières sur des actions et des fonds négociés en Bourse sans payer de commissions. Wealthsimple Trade gagne des revenus grâce aux frais de conversion de devises de 1,5 % facturés lorsque les clients négocient des titres cotés aux États-Unis, tandis qu’une grande part des revenus de Robinhood provient de parties tierces qui paient l’application pour acheminer les transactions des clients pour exécution.

Voulant profiter de la tendance haussière des marchés, les jeunes se sont mis à investir d’une façon qui s’apparente à la bulle boursière technologique d’il y a 20 ans. Les conseillers ont tout intérêt à intervenir auprès de la génération actuelle afin de lui éviter des conséquences désastreuses.

QUE FAIRE POUR SENSIBILISER LES JEUNES CLIENTS?

Il faut fournir aux clients des données solides, des recherches et des conseils adéquats afin qu’ils comprennent que la spéculation sur séance (« day trading », qui consiste à acheter et vendre des titres plusieurs fois durant la journée, sans les conserver en fin de journée) n’est pas une méthode durable, explique ThinkAdvisor. La finance comportementale peut être un bon allié dans la compréhension du client et aussi dans son éducation quant aux risques qui entourent ce type d’activités.

Il faut alors trouver un moyen de réengager son client envers ses objectifs à long terme. Voici quelques points à considérer, selon ThinkAdvisor :

Le « day trading » sur les marchés est de la pure spéculation. D’innombrables études universitaires portant sur des négociateurs individuels sur les marchés ont montré que la spéculation sur séance mène à des pertes financières avec le temps. Ce n’est tout simplement pas une stratégie durable.

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Expliquez à vos clients que s’ils souhaitent s’engager dans ce type de transactions, ils doivent s’attendre à ce que cet argent soit réduit à zéro. Par conséquent, ils devraient n’allouer pas plus d’un petit pourcentage de leur portefeuille à ce type de négociation, soit moins de 1 %.

La gratuité des services offerts par les différentes plateformes cachent un plus grand mal : l’incitation à faire des transactions.

Expliquer les conflits d’intérêts inhérents à ces plateformes commerciales, peut-être même en les comparant aux sociétés de tabac qui commercialisent auprès des jeunes ou utilisent des arômes pour encourager le vapotage chez les adolescents, peut aider les clients à visualiser le danger qu’ils encourent.

Étant donné que les conseillers en services financiers peuvent également être en situation de conflit d’intérêts en décourageant ce type de négociation, assurez-vous de reconnaître ce point dès le départ. Les clients sont suffisamment avisés pour savoir que vous percevez moins de frais s’ils vous retirent de l’argent pour en placer eux-mêmes.

En fin de compte, c’est une occasion pour les conseillers de montrer une fois de plus leur valeur en aidant les clients à éviter les pièges tentants de la négociation active.