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La Banque d’Angleterre (BoE) a abaissé son taux directeur à 0,25 %, un creux historique pour l’institution. Pour justifier sa décision, l’institution invoque le besoin de soutenir l’économie britannique dans la foulée du Brexit.

La BoE prévoit une croissance nettement plus faible que prévu du fait de la sortie du pays de l’Union européenne. Le marché de l’immobilier montre des signes d’essoufflement et la livre sterling a perdu de sa valeur, augmentant le coût des importations. Quant au moral des consommateurs et des industriels, il ne serait pas non plus au beau fixe, bien que la consommation se maintienne encore.

La BoE n’avait plus abaissé son taux depuis mars 2009, rappelle l’Agence France-Presse. Elle opte en outre pour l’injection de 60 milliards de livres sterling (103 G $CA) dans son programme de rachats d’obligations d’État et pour l’achat de jusqu’à 10 milliards de livres sterling (16,5 G $CA) d’obligations d’entreprises. Les banques pourront aussi obtenir des fonds bon marché en vertu d’un nouveau système.

ALIMENTER LA PROCHAINE CRISE?

Cette annonce de la BoE survient au moment où l’économiste principal de Banque Nationale Marchés Financiers publie une petite étude critiquant lourdement ce genre de stimulation monétaire. Selon Krishen Rangasamy, l’objectif de ce type de mesures était de relancer l’économie mondiale après la crise financière et la Grande Récession amorcée en 2008 et à prévenir la déflation. Or, l’inflation demeure anémique et les salaires stagnent. Cela semble remettre en question la capacité des banques centrales à maîtriser l’inflation.

L’économiste va plus loin en soutenant que les banquiers centraux ont probablement semé les germes de la prochaine crise en arrosant les marchés de liquidités pendant des années tout en maintenant les taux d’intérêt trop bas. Le prix des actions, obligations et maisons a grimpé en raison de l’accès facile à un crédit bon marché, créant un château de cartes qui pourrait bien s’écrouler avec la remontée des taux.

Dans Le Devoir, Gérard Bérubé rappelle que le cabinet spécialisé Addenda Capital avait lui aussi émis une mise en garde de ce type en septembre dernier. De son côté, l’économiste en chef de la BoE, Andrew Haldane, a répondu à l’avance à ses critiques en soutenant qu’il préférait « prendre le risque d’écraser une noisette avec une masse plutôt que de creuser un tunnel avec un piolet miniature ».

LES EMPLOYÉS DE LA B0E EN GRÈVE

La vénérable institution britannique doit aussi affronter une première grève de son personnel en 50 ans, souligne l’Agence France-Presse (AFP). Les employés de la maintenance, de l’accueil et de la sécurité se sont en effet mis en grève pendant trois jours à partir du 1er août, pour réclamer des hausses de salaires. Ils en ont profité pour manifester leur mécontentement publiquement, notamment devant la banque. Cette dernière aurait offert à ses travailleurs des augmentations se situant sous le niveau d’inflation lors des deux dernières années, suscitant leur grogne actuelle.